Nyla Roopnarinesingh

CBV, CDFA, FDRP-Val

Conseillère principale, Fruitman Kates Ornstein Valuations

Nyla est une professionnelle de la finance dont le travail se situe au croisement du droit de la famille, de la juricomptabilité et de l’évaluation d’entreprises. Elle détient un baccalauréat spécialisé ès arts en sociologie et en économie de l’Université de Toronto et se distingue par un parcours multidisciplinaire à titre de parajuriste autorisée, de CBV (Chartered Business Valuator), d’analyste financière agréée en matière de divorce (CDFA) et de professionnelle en règlement des différends familiaux (FDRP-Val).

Formée à l’approche collaborative, elle privilégie les modes alternatifs de règlement des différends afin de favoriser la clarté et l’équité en dehors du cadre traditionnel des litiges.

Forte d’une vaste expertise en matière de différends matrimoniaux, de litiges entre actionnaires, d’enquêtes sur la fraude et de soutien en matière de litiges, Nyla est reconnue pour la rigueur de ses analyses financières et de ses rapports d’experts, auxquels on fait régulièrement appel dans le cadre de médiations, d’arbitrages et de procédures judiciaires. Dans son rôle actuel, elle réalise des évaluations indépendantes et fournit des analyses financières dans divers contextes, notamment les différends matrimoniaux, la planification fiscale et successorale ainsi que les litiges complexes.

Au-delà de sa pratique professionnelle, Nyla contribue activement à sa communauté professionnelle à titre d’auteure et de conférencière, tout en siégeant au conseil d’administration du Family Dispute Resolution Institute of Ontario. Son engagement s’étend également au bénévolat auprès des cliniques d’impôt de CPA Canada, d’Habitat pour l’humanité, de la Société canadienne du cancer et de divers organismes voués au bien-être des animaux, témoignant ainsi de son engagement tant envers sa profession qu’envers sa communauté.

Nous nous sommes entretenus avec Nyla afin d’en apprendre davantage sur son parcours professionnel ainsi que sur la combinaison unique de compétences et de passion qu’elle apporte à son travail. Dans cette entrevue, elle explique comment le titre de CBV a façonné son parcours professionnel, aborde la dimension humaine qui se cache derrière le travail technique en évaluation et partage ses conseils à l’intention des futurs CBV.

Comment le Programme des CBV a-t-il contribué à votre développement professionnel ?

J’ai commencé ma carrière dans le domaine juridique. Au cours de mes études, j’ai découvert les liens qui existent entre le droit, la comptabilité et le règlement des différends. Ce n’est toutefois qu’à mon premier emploi, dans un cabinet comptable de taille moyenne, que j’ai découvert le domaine du soutien en matière de litiges et le rôle que jouent les comptables experts dans les différends juridiques.

Cette convergence de disciplines a vraiment éveillé mon intérêt et m’a donné envie d’approfondir mes connaissances. La décision de poursuivre le titre de CBV s’est donc imposée naturellement. L’obtention de ce titre m’a permis d’acquérir de solides bases en évaluation et en analyse financière, qui se sont révélées extrêmement utiles, non seulement dans le cadre de litiges, mais aussi dans les différents domaines auxquels j’ai été exposée depuis.

Plus que tout, le titre de CBV m’a ouvert de nombreuses portes. Il m’a aidée à renforcer ma crédibilité et m’a donné les outils nécessaires pour progresser professionnellement d’une façon que je n’aurais pas nécessairement envisagée au début de ma carrière.

Pouvez-vous nous parler d’une analyse d’évaluation particulièrement complexe, mais intéressante, qui vous a confirmé que vous aviez choisi la bonne carrière ?

Chaque mandat d’évaluation présente ses propres défis. Aucun dossier ne ressemble à un autre, et c’est justement l’un des aspects de ce travail que j’apprécie le plus. Si je devais en choisir un, ce serait un dossier de litige complexe qui s’est échelonné sur plusieurs années et dans lequel les documents financiers étaient complètement désorganisés.

Il a fallu énormément de temps et d’efforts pour comprendre les données disponibles et reconstituer, à partir de zéro, un portrait financier cohérent. Ce qui a rendu ce dossier particulièrement marquant n’était toutefois pas uniquement le défi technique, même s’il était considérable, mais aussi sa dimension humaine.

Le client a reconnu ouvertement qu’il ne comprenait pas pleinement les conséquences des renseignements financiers manquants ou inexacts et qu’il se sentait dépassé par l’ensemble du processus. Au fil de mon analyse, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas simplement d’arriver à un chiffre, mais aussi d’apporter de la clarté à une situation complexe.

J’avais l’impression de résoudre un immense casse-tête, et j’ai ressenti une véritable satisfaction lorsque toutes les pièces ont finalement trouvé leur place. Après le dépôt du rapport d’expert, le client m’a remerciée, non seulement pour le travail accompli, mais aussi pour l’avoir aidé à se sentir écouté et compris dans un système qui peut souvent sembler impersonnel. Ce moment m’a rappelé pourquoi j’avais choisi cette voie.

À titre de CBV œuvrant dans le domaine des litiges, mon rôle exige que je demeure impartiale. Cela ne signifie toutefois pas que je ne peux pas apporter de la clarté et même aider les personnes touchées par le processus à retrouver un certain sentiment de contrôle. C’est cet équilibre qui rend ce travail si significatif pour moi.

Quelles différences constatez-vous entre votre rôle actuel et votre rôle précédent ?

Dans mon poste précédent, j’ai eu l’occasion de travailler sur une très grande variété de mandats d’évaluation, qu’il s’agisse de différends entre actionnaires, de réclamations pour préjudices corporels, d’enquêtes de juricomptabilité, de litiges ou encore d’évaluations à des fins fiscales et successorales. Cette expérience m’a permis d’acquérir des bases extrêmement vastes et précieuses.

Dans mon rôle actuel, je continue de travailler sur des mandats de soutien en matière de litiges, d’évaluation à des fins fiscales et de différends entre actionnaires. Toutefois, mon rôle accorde maintenant une place encore plus importante au leadership ainsi qu’à la croissance de ma pratique et de la communauté des CBV.

Je consacre également davantage de temps au mentorat de futurs CBV, ce que je trouve très enrichissant. Mon rôle a donc évolué : il ne s’agit plus seulement d’effectuer le travail, mais aussi de contribuer à façonner le milieu dans lequel nous exerçons notre profession.

Avez-vous des conseils à donner aux personnes qui souhaitent devenir CBV ?

Il n’existe pas un seul parcours pour devenir CBV : c’est à chacun d’en faire ce qu’il souhaite. Les compétences acquises grâce au titre de CBV peuvent être mises à profit dans de nombreux domaines, notamment les fusions et acquisitions, les services bancaires d’investissement, la fiscalité et les litiges, pour n’en nommer que quelques-uns.

Le matériel pédagogique et les cours ne représentent que la pointe de l’iceberg : ils établissent les fondements d’une multitude de possibilités professionnelles. Si vous êtes en voie d’obtenir ce titre, ou même si vous envisagez simplement de le faire, le mentorat est inestimable. Trouvez un mentor ou devenez-en un. Dans un cas comme dans l’autre, cette expérience vous fera grandir.

Pouvez-vous nous révéler un fait amusant à votre sujet ?

En plus d’être parajuriste autorisée dans la province de l’Ontario, je suis une passionnée de pâtisserie autodidacte. Même avant la pandémie de COVID-19, je regardais assidûment des émissions de pâtisserie et de cuisine. Pendant la pandémie, cette passion s’est encore intensifiée, puisque c’était à peu près tout ce que je pouvais faire !

Je me lance le défi de préparer au moins une nouvelle pâtisserie ou une nouvelle recette