Neal Mizrahi

CPA, CA, CBV

Directeur général, Soriano Mizrahi de Gray

Neal Mizrahi cumule près de 20 ans d’expérience dans l’évaluation d’entreprises et la quantification des pertes financières dans les litiges complexes. Il a témoigné en tant qu’expert à de nombreuses reprises devant des cours et des tribunaux d’arbitrage au Canada et à l’échelle internationale. Neal a été régulièrement classé par le Who’s Who Legal comme un expert de premier plan au niveau mondial et, plus récemment, comme l’un des deux experts « les plus estimés » au Canada. Il a enseigné aux niveaux universitaire et professionnel pendant près d’une décennie.

Neal a travaillé en tant qu’expert dans diverses industries, notamment les industries des ressources et de l’extraction (c.-à-d. le pétrole et le gaz, ainsi que les mines et les minéraux), la construction, la fabrication, les services financiers, le cannabis, les logiciels et d’autres secteurs.

Nous avons demandé à Neil de nous parler de son parcours en tant que CBV, et notamment de ce qu’il a retenu du programme d’études des CBV. Voici quelques points saillants de notre conversation :

Comment le titre de CBV a-t-il soutenu le développement de votre carrière?

J’ai toujours été intéressé par l’évaluation d’entreprises et, après avoir obtenu mon titre de comptable, j’ai cherché d’autres titres susceptibles d’améliorer mes connaissances en matière d’évaluation. J’ai opté pour le titre de CBV, car il semblait avoir le programme le plus pratique et le plus complet, avec le moins de chevauchement avec le titre de CPA et l’école de commerce.
 
Le titre de CBV m’a ouvert de nombreuses portes et m’a permis de faire ce que je fais aujourd’hui. Bien que j’évalue des entreprises à des fins diverses, j’interviens surtout en tant qu’expert dans le cadre de litiges. En d’autres termes, si une partie allègue qu’une autre partie a commis une transgression (par exemple, une rupture de contrat), on fait appel à moi en tant qu’expert pour donner mon avis sur les dommages pécuniaires, qui, dans de nombreux cas, sont fonction de la valeur d’une entreprise. En général, chaque partie au litige fait appel à un expert, de sorte que la capacité à effectuer une analyse digne de foi et objective, à prendre en compte d’autres points de vue et à communiquer clairement est primordiale.
 
Dans l’ensemble, le titre de CBV a joué un rôle clé dans l’évolution de ma carrière; il m’a permis d’acquérir les compétences techniques nécessaires pour analyser et formuler des avis sur des questions d’évaluation complexes, et il m’a permis d’être qualifié et reconnu par les cours et les tribunaux d’arbitrage en tant que témoin expert. 

Pouvez-vous nous parler d’une analyse d’évaluation particulièrement difficile, mais intéressante, qui vous a fait comprendre que vous aviez choisi la bonne voie professionnelle?
 
Un cas particulièrement difficile et gratifiant émerge. Il concerne un litige dans l’industrie du pétrole et du gaz en Alberta. J’ai été embauché par l’acheteur dans une transaction. Il avait acquis des actifs relatifs à un certain nombre de champs pétrolifères en Alberta, avec l’objectif de les développer davantage (c.-à-d. trouver plus de pétrole et augmenter la valeur de la société acquise), et de les vendre dans un délai d’environ trois ans. Une fois la transaction conclue, l’acheteur s’est rendu compte que la société qu’il avait acquise présentait d’importants problèmes de conformité, ce qui a retardé ses projets de deux ans. Il a fini par trouver plus de pétrole, mais à ce moment-là, les prix du pétrole avaient considérablement baissé et la valeur de leur entreprise était inférieure à ce qu’elle aurait été au moment où il avait initialement l’intention de vendre (c.-à-d. trois ans après l’acquisition), qui se situait pendant une période de pic des prix du pétrole.
 
Les acheteurs ont donc intenté un procès contre le vendeur, réclamant des millions de dollars, et j’ai été appelé en tant qu’expert en évaluation pour quantifier les dommages. J’ai quantifié les valeurs à différents moments et la « perte d’occasion » subie par les acheteurs. J’ai témoigné deux fois devant la Cour provinciale de l’Alberta, où j’ai été longuement contre-interrogé. En fin de compte, le tribunal a accepté mes preuves d’évaluation, ce qui a mené à l’attribution de dommages et intérêts de près de 200 millions de dollars.
 
[Un lien vers la décision est disponible ici.]
 
Avez-vous des conseils à donner aux personnes qui souhaitent devenir des CBV?

1.     L’expérience aide : Essayez de travailler dans le domaine de l’évaluation pendant que vous obtenez le titre. L’expérience professionnelle quotidienne renforce réellement votre apprentissage dans le cadre du programme d’études des CBV. J’ai découvert qu’il m’arrivait de lire un concept dans le matériel de cours et d’appliquer ces connaissances dans la même semaine ou le même mois – cela a vraiment amélioré mon apprentissage. 
2.     Ayez un mentor et soyez un mentor : les deux offrent d’immenses avantages. Tout d’abord, avoir un mentor expérimenté peut vous aider tout au long du processus et de votre carrière. Deuxièmement, être un mentor pour les autres est non seulement enrichissant, mais cela vous permet de faire une pause et de réfléchir à votre propre expérience. Je suis reconnaissant à ceux qui m’ont servi de mentor tout au long de ma carrière et il y a encore des personnes que je consulte pour obtenir des conseils.
3.     Profitez du processus : se lancer dans un nouveau domaine est un moment passionnant de votre carrière. Bien sûr, c’est un défi, mais cette période permet une énorme quantité de développement et offre une occasion fantastique de rencontrer de nouvelles personnes.