Zachary Huxley

PhD, CPA, CBV

Professeur, Université Laval

Dans notre plus récent portrait, nous nous entretenons avec Zachary Huxley, dont le parcours professionnel l’a mené de l’audit aux services-conseils en évaluation, puis au milieu universitaire, à la recherche et au mentorat.

Il revient sur ce qui l’a d’abord attiré vers l’évaluation, sur la façon dont le titre de CBV a façonné son parcours professionnel et sur les raisons pour lesquelles la formation en évaluation offre aux étudiants une base solide pour une grande variété de carrières.

Lisez le portrait complet pour en apprendre davantage sur le parcours de Zach et sur l’impact des CBV au sein de la profession et au-delà.

Vous avez commencé votre carrière en audit et en services-conseils financiers avant de faire le saut vers le milieu universitaire. Qu’est-ce qui vous a d’abord attiré vers l’évaluation, et comment le titre de CBV a-t-il façonné votre parcours, de la pratique professionnelle à l’enseignement ?

Mon parcours a en quelque sorte bouclé la boucle. J’ai découvert le domaine de l’évaluation pendant ma maîtrise en comptabilité, grâce à un chargé de cours qui était CBV et qui partageait des exemples tirés de sa carrière en consultation et en fusions et acquisitions. Après ce cours, alors que je commençais ma carrière en comptabilité dans le domaine de l’audit, j’ai demandé à me joindre à l’équipe de services-conseils en évaluation de mon cabinet et j’ai entrepris le parcours menant au titre de CBV. J’ai immédiatement eu l’impression d’être au bon endroit.

Par la suite, le titre de CBV m’a ouvert la porte à l’enseignement d’un cours du soir dans mon alma mater, ce qui m’a mené à un poste universitaire à temps plein, puis, éventuellement, à un doctorat. Quitter la pratique professionnelle a été difficile, car j’aimais beaucoup le travail auprès des clients, mais mes intérêts universitaires ont fini par l’emporter.

Le titre de CBV a été inestimable pour établir un pont entre la pratique et la recherche. Il a renforcé la crédibilité de mon travail et m’a aidé à transformer des problématiques rencontrées par les praticiens en questions de recherche rigoureuses et encore peu étudiées.

Quels aspects de votre expérience en services professionnels vous ont été les plus utiles dans le milieu universitaire, et comment se reflètent-ils dans votre enseignement ou votre mentorat ?

Mon expérience en services-conseils en évaluation est au cœur de mon travail universitaire. J’enseigne des cours liés à l’évaluation, alors je m’appuie régulièrement sur des cas clients pour donner aux étudiants des exemples concrets de méthodes, d’hypothèses et de jugements professionnels.

Au-delà des aspects pratiques, la profession de CBV présente davantage de similitudes avec une carrière universitaire qu’on pourrait le croire. Dans la pratique, les CBV jouent souvent un rôle pédagogique, que ce soit directement auprès des clients ou auprès des juges et des avocats dans un contexte de litige. C’est dans la pratique que j’ai appris à décomposer des calculs financiers complexes afin de les rendre accessibles à des auditoires non spécialisés, et cette compétence m’est extrêmement utile dans mon enseignement.

L’évaluation comporte également un aspect important, mais souvent sous-estimé : la capacité de prendre du recul par rapport au contexte immédiat afin de conceptualiser le problème. Par exemple, quelle est la meilleure façon de quantifier les dommages dans le cadre d’un différend d’entreprise ? Dans certains cas, la démarche est relativement standardisée, mais dans d’autres, elle exige un niveau d’abstraction et de conceptualisation très semblable à celui de la recherche universitaire.

Dans l’ensemble, mon expérience en services professionnels a été extrêmement utile, tant dans mon enseignement que dans mes travaux de recherche.

Selon vous, qu’est-ce que la formation en évaluation apporte de particulier aux étudiants qui se préparent à entreprendre une grande variété de carrières en affaires et en finance ?

D’abord, elle prépare directement les étudiants à ce que je considère comme l’une des carrières les plus intéressantes en affaires et en finance.

Au-delà de cela, la formation en évaluation constitue une excellente façon d’apprendre à comprendre le fonctionnement d’une entreprise dans son ensemble.

Le fait de mettre l’accent sur les facteurs de création de valeur et sur leurs interrelations au sein d’une entreprise aide les étudiants à comprendre non seulement la vue d’ensemble, mais aussi la façon dont une entreprise crée de la valeur et dont les différents éléments s’articulent entre eux. Ainsi, la formation en évaluation ne confine pas les étudiants à une spécialité étroite; elle leur fournit plutôt un cadre de compréhension des affaires qui est utile dans de nombreux contextes professionnels.

Comment votre expérience comme CBV vous a-t-elle aidé à concilier la précision technique et la dimension humaine du travail, que ce soit dans l’enseignement, le mentorat, la recherche ou la collaboration professionnelle ?

Malgré ses fondements techniques, l’évaluation comporte une importante dimension relationnelle et humaine. La gestion des relations est essentielle dans n’importe quel emploi, et la pratique comme CBV contribue à développer des compétences dans ce domaine : travailler en équipe sur des problèmes complexes, favoriser des relations de collaboration avec les clients et communiquer efficacement, tant en personne qu’en ligne.

Ces mêmes compétences se transposent directement à mes fonctions universitaires : enseigner avec empathie, accompagner des étudiants issus de parcours variés et collaborer avec des coauteurs.

Avec le recul, qu’est-ce qui vous a permis de réaliser que le milieu universitaire vous convenait, et quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui sont passionnés par la finance et par des carrières axées sur l’éducation ?

Avec le recul, il était probablement évident pour les autres que le milieu universitaire me convenait bien. J’aime réfléchir à des problèmes complexes, faire de la recherche et approfondir des sujets précis. J’adore aussi transmettre des connaissances, particulièrement sur des sujets qui me passionnent.

Ma plus grande inquiétude était de quitter un emploi que je savais aimer — la pratique publique — pour me lancer dans quelque chose que je pensais aimer, mais finalement, tout s’est bien déroulé !

Aux étudiants qui sont passionnés par la finance et par des carrières axées sur l’éducation, mon conseil est simple : allez parler au professeur dont les travaux ou l’enseignement vous intéressent véritablement. Ces conversations peuvent vous faire découvrir des parcours professionnels dont vous ignoriez peut-être l’existence et vous aider à voir comment vos champs d’intérêt peuvent se traduire en une carrière stimulante et enrichissante.

Enfin, pourriez-vous nous partager un #FaitAmusant à votre sujet ?

Pour célébrer la fin de ma maîtrise — et ce que je croyais alors être la fin de mon parcours universitaire — j’ai fait de l’auto-stop en solo du Maroc jusqu’en Belgique.

Le voyage comprenait notamment une promenade à dos de chameau, de l’escalade et beaucoup de camping dans des endroits absolument remarquables.