Drew Dorweiller

FRICS, FCBV, MBA, CPA, ABV, ASA, CVA, CBA, BVIUK, CFE, CDFA, FDRP-Val, CBV

Directeur général, Dartmouth Partners Limited

Faites la connaissance de Drew Dorweiler, FCBV, directeur général de Dartmouth Partners Limited.

Drew est reconnu comme l’un des plus éminents spécialistes de l’évaluation de franchises sportives professionnelles et d’actifs connexes en Amérique du Nord. Son expérience en évaluation et en transactions couvre notamment la LNH, la MLB, la NBA, la LCF, la Premier League anglaise, ainsi que des équipes européennes et semi-professionnelles, sans oublier les arénas, les droits de diffusion et les droits de dénomination. Il cumule des décennies d’expérience en évaluation, en finance d’entreprise, en soutien en matière de litiges et à titre de témoin expert, conseillant des clients dans le cadre de dossiers complexes touchant les fusions et acquisitions, l’information financière, la fiscalité et les différends, notamment l’évaluation d’équipes sportives professionnelles.

Drew a accordé de nombreuses entrevues à des médias internationaux et collabore depuis 32 ans avec Forbes à sa couverture du secteur du sport, notamment à ses classements annuels sur la valeur des franchises. Il a également participé, aux côtés de Steve Ballmer et de Leigh Steinberg, au jury de Forbes pour « Top 30 Under 30: Sports » en 2015. Témoin expert chevronné, il a récemment témoigné pour la 40e fois dans diverses juridictions à travers le monde, notamment devant le Comité permanent des finances du Parlement du Canada.

Nous nous sommes entretenus avec Drew afin de discuter de l’influence du titre de CBV sur sa carrière, de la façon dont l’expertise en évaluation appuie les litiges à forts enjeux et l’évaluation de franchises sportives, ainsi que des conseils qu’il donnerait aux futurs CBV qui souhaitent bâtir une carrière spécialisée et internationale.

Comment le titre de CBV a-t-il façonné votre parcours professionnel ?

Le titre de CBV a façonné ma carrière de plusieurs façons importantes. J’ai toujours eu des intérêts assez variés et une approche plutôt généraliste dans mon travail. Avant d’obtenir mon titre de CBV, j’avais terminé un baccalauréat en économie ainsi qu’une maîtrise en administration des affaires axée sur la finance d’entreprise et la comptabilité, et je cherchais une carrière qui me permettrait de réunir tous ces domaines.

Lorsque j’ai découvert le domaine de l’évaluation et le titre de CBV, j’ai tout de suite su que cela me convenait. Peu après mon arrivée au Canada en 1989, je me suis joint au cabinet de Richard Wise, où j’ai travaillé étroitement avec lui pendant plus de 18 ans. Il a été un mentor exceptionnel et, grâce à cette expérience, j’ai été exposé à un large éventail de mandats, notamment des transactions de fusions et acquisitions, des mandats de finance d’entreprise, des financements et des interventions à titre de témoin expert devant les tribunaux.

Dans tous ces domaines, le titre de CBV a constitué le fondement de ma carrière.

Pouvez-vous nous donner un exemple tiré de votre travail d’évaluation d’équipes sportives qui illustre la valeur des compétences acquises comme CBV ?

L’évaluation d’équipes sportives est devenue un domaine spécialisé de ma pratique, même si ce n’est certainement pas le seul type de mandat que j’effectue. Ces évaluations peuvent être réalisées dans de nombreux contextes, notamment à des fins d’information financière, de fiscalité, de litige et de transactions de fusions et acquisitions.

Dans des contextes contradictoires, comme les litiges ou les négociations, les compétences acquises comme CBV sont particulièrement précieuses. Il m’est souvent arrivé d’être confronté à des professionnels hautement qualifiés, notamment des banquiers d’investissement ainsi que des personnes détenant les titres de CFA et de MBA. Bien que ces qualifications soient très solides, elles ne sont pas toujours précisément adaptées à l’évaluation d’entreprises privées, ce que sont la plupart des équipes sportives professionnelles.

La formation des CBV est particulièrement bien conçue pour ce type de situation. Qu’il s’agisse de litiges, de témoignages d’experts ou de négociations de transactions, disposer d’un cadre d’évaluation fondé sur le jugement, la rigueur et la capacité de défendre ses conclusions a été extrêmement avantageux et m’a constamment aidé à obtenir de solides résultats pour mes clients.

Vous avez témoigné à de nombreuses reprises comme expert. Qu’avez-vous appris sur la façon de communiquer des concepts d’évaluation dans un contexte judiciaire ?

J’ai récemment témoigné pour la 40e fois, dans différentes juridictions à travers le monde, notamment devant le Comité permanent des finances du Parlement du Canada. Une constante dans tous ces contextes est que l’auditoire connaît rarement bien le domaine de l’évaluation. C’est précisément pour cette raison que vous êtes là : pour agir à titre d’expert et informer le tribunal, l’arbitre ou le décideur.

Ce que j’ai appris, c’est que la clarté est primordiale. Il faut ramener les concepts d’évaluation à un niveau très fondamental, éviter le jargon inutile et expliquer clairement non seulement ce que l’on fait, mais aussi pourquoi cela est important. Certains termes techniques sont parfois inévitables, mais ils doivent toujours être expliqués dans un langage simple.

Lorsque je pense au témoignage d’expert, j’imagine souvent que je m’adresse à une personne intelligente qui vient de terminer ses études secondaires : quelqu’un qui est tout à fait capable de comprendre les idées, mais qui ne possède aucune formation en finance, en comptabilité ou en évaluation.

Dans une salle d’audience, si le juge ne comprend pas pleinement votre explication, il est peu probable qu’il vous le dise. Et si l’expert de la partie adverse réussit à présenter son raisonnement plus clairement, cela peut faire toute la différence. Être compris est tout aussi important qu’avoir raison sur le plan technique.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs CBV qui souhaitent bâtir une carrière en litige, en juricomptabilité ou dans d’autres domaines spécialisés ?

J’aurais deux conseils à leur donner.

Premièrement, il est de plus en plus important de développer sa marque personnelle. Plus tôt dans ma carrière, la réussite reposait souvent sur la capacité à démontrer des connaissances générales dans de nombreux domaines. Aujourd’hui, pour se démarquer, il faut davantage se spécialiser.

Cela peut signifier développer une expertise dans un secteur particulier, comme le sport, la technologie, les jeux, l’énergie ou tout autre domaine qui vous passionne. Peu importe le domaine choisi, il est important d’y prendre véritablement plaisir. Faites connaître vos champs d’intérêt à vos collègues et à vos superviseurs, demandez à participer à des mandats pertinents et travaillez activement à bâtir votre crédibilité comme spécialiste émergent dans ce créneau.

Deuxièmement, j’encouragerais les CBV à penser à l’échelle mondiale. Le monde est beaucoup plus interconnecté qu’il ne l’était lorsque j’ai commencé ma carrière, et les compétences en évaluation sont recherchées bien au-delà de l’Amérique du Nord. Que ce soit par des mandats internationaux, des clients transfrontaliers ou même une carrière à l’étranger, l’évaluation constitue une excellente porte d’entrée vers des possibilités à l’échelle mondiale.

Je le constate directement dans le cadre de mon travail à titre de président d’un conseil de l’International Valuation Standards Council (IVSC), qui se consacre au développement de la profession de l’évaluation partout dans le monde, particulièrement dans les marchés émergents. Pour les personnes qui possèdent des compétences linguistiques, des liens culturels ou simplement une grande curiosité, le titre de CBV peut véritablement ouvrir la porte à une carrière internationale.

Pouvez-vous nous révéler un fait amusant à votre sujet ?

La musique est une passion qui m’accompagne depuis toujours. Depuis maintenant 20 ans, j’anime à Montréal une émission de radio intitulée Drastic Plastic sur les ondes de CKUT 90,3 FM.

L’émission est consacrée à la musique indépendante du Royaume-Uni et de l’Irlande, à des artistes et à des sonorités qui sont populaires outre-Atlantique, mais qui passent souvent sous le radar en Amérique du Nord. Cela n’a absolument rien à voir avec l’évaluation, mais c’est une activité créative que j’adore maintenir en parallèle de ma carrière professionnelle. L’émission est diffusée le lundi soir et peut être écoutée en continu partout dans le monde.