Sara Defina, CPA, CBV est associée chez Information Venture Partners, où elle supervise les activités financières, juridiques et opérationnelles du cabinet et contribue à orienter sa stratégie d’investissement.
Elle s’est jointe au cabinet en 2020 à titre de directrice des finances, où elle était responsable des activités des fonds, des levées de capitaux et des relations avec les commanditaires, tout en gérant les volets juridiques et financiers de la vérification diligente liée aux investissements. Au fil du temps, son rôle s’est élargi pour inclure l’évaluation de nouvelles occasions d’investissement ainsi que le soutien aux entreprises après l’investissement. Sara agit également à titre d’observatrice au conseil d’administration de plusieurs sociétés du portefeuille, notamment Wisedocs, Coconut Software, Procurify et ThoughtExchange.
Avant de se joindre à Information Venture Partners, Sara conseillait des entreprises de logiciels interentreprises en phase de croissance sur des opérations de fusions et acquisitions ainsi que sur du financement de croissance chez SurePath Capital Partners. Elle a auparavant travaillé au sein des groupes Services-conseils en évaluation et transactions et Audit de KPMG. Soucieuse de favoriser la diversité dans l’industrie, Sara siège au Comité sur la diversité et l’inclusion de la CVCA. Elle détient un baccalauréat en commerce de l’Université de Toronto ainsi que les titres de CBV (Chartered Business Valuator) et de comptable professionnelle agréée (CPA).
Nous nous sommes entretenus avec Sara afin d’en apprendre davantage sur son parcours professionnel en évaluation, en transactions et en capital de risque. Dans cette entrevue, elle explique comment le titre de CBV a renforcé ses bases techniques et son jugement professionnel, revient sur le mandat qui lui a confirmé qu’elle avait choisi la bonne voie et partage ses conseils à l’intention des futurs CBV.
Comment le titre de CBV a-t-il contribué à votre développement professionnel au fil des ans ?
Le titre de CBV a contribué à ma carrière de nombreuses façons importantes. D’abord et avant tout, il m’a permis d’acquérir de solides bases analytiques et une grande rigueur. Le Programme des CBV, combiné à mon expérience en évaluation, m’a aidée à développer des compétences techniques approfondies, notamment en modélisation financière et en recherche.
Plus important encore, il m’a fourni un cadre pour exercer mon jugement. La formation va au-delà des aspects purement techniques et nous apprend à faire preuve de jugement professionnel. Elle m’a permis d’adopter une approche structurée pour analyser les entreprises, les risques de marché, les comparaisons entre sociétés et secteurs, ainsi que la façon dont la valeur s’inscrit dans l’ensemble de ces facteurs.
Cette approche s’est révélée particulièrement utile dans mon rôle actuel, où je dois souvent composer avec de l’information imparfaite, des modèles d’affaires en évolution, des structures de capital non traditionnelles ou encore des entreprises qui ne sont même pas encore rentables.
Enfin, le titre de CBV procure un avantage pratique dans une grande variété de fonctions. J’ai commencé ma carrière dans un rôle traditionnel en évaluation au sein de l’un des quatre grands cabinets comptables, puis je suis passée aux services bancaires d’investissement, et j’occupe maintenant un rôle plus vaste englobant les finances, les opérations et l’investissement au sein d’une société de capital de risque. Les compétences acquises grâce au Programme des CBV et à ma formation chez KPMG se sont constamment révélées transférables à chacune de ces étapes de mon parcours.
Pouvez-vous nous parler d’une analyse d’évaluation particulièrement complexe, mais intéressante, qui vous a confirmé que vous aviez choisi la bonne carrière ?
L’un des mandats les plus marquants et déterminants de ma carrière remonte à mon passage chez KPMG, lorsque j’ai participé à une importante fusion regroupant trois institutions de gestion de patrimoine.
Jusqu’alors, une grande partie de mon expérience portait sur des travaux d’évaluation à des fins d’information financière, ce qui m’avait permis d’acquérir de solides bases techniques et une bonne compréhension des principes d’évaluation.
Ce qui rendait ce mandat différent, c’était l’application de ces mêmes compétences dans le cadre d’une transaction en cours. Je construisais des modèles d’évaluation, j’analysais les synergies, j’examinais les risques liés à l’intégration et je contribuais à évaluer la logique stratégique à long terme de la transaction. Le fait de voir comment nos analyses éclairaient directement de véritables décisions d’affaires rendait le travail particulièrement stimulant et m’a confirmé que je souhaitais poursuivre une carrière me permettant de combiner une analyse rigoureuse à une réflexion d’affaires plus large.
En quoi votre rôle actuel d’associée chez Information Venture Partners diffère-t-il de vos fonctions précédentes, et comment votre expertise en évaluation vous est-elle utile dans le domaine du capital de risque ?
Au début de ma carrière chez KPMG, je travaillais principalement avec de grandes entreprises en exploitation et rentables, pour lesquelles l’information financière était facilement accessible. Le travail d’évaluation était très structuré : modèles de flux de trésorerie actualisés, prévisions détaillées et sociétés comparables clairement établies.
Le capital de risque est tout le contraire. On évalue des entreprises en démarrage ou en phase de croissance avec des données incomplètes, un historique limité et très peu de véritables comparables. L’exercice devient beaucoup plus un art qu’une science.
C’est toutefois précisément dans ce contexte que mon expérience en évaluation s’est révélée extrêmement précieuse. Le programme d’études des CBV fournit un cadre de jugement qui demeure pertinent même lorsque les données disponibles sont imparfaites. Les principes fondamentaux de la valeur et du risque ne changent pas; il faut simplement s’appuyer davantage sur l’expérience, la reconnaissance de tendances et un jugement éclairé.
Avez-vous des conseils à donner aux personnes qui souhaitent devenir CBV ?
J’encourage toujours les personnes qui s’intéressent au parcours CBV à discuter avec le plus grand nombre possible de professionnels du domaine. Chacun met le titre à profit différemment, et le fait d’entendre diverses perspectives aide à mieux comprendre l’étendue des possibilités qu’il peut offrir.
Lorsque j’ai commencé, je pensais que les CBV travaillaient uniquement dans les groupes d’évaluation des quatre grands cabinets comptables ou dans les caisses de retraite. Or, les compétences acquises sont transférables à de nombreux domaines de la finance. S’exposer tôt à différents parcours permet de constater à quel point cette formation est polyvalente et jusqu’où elle peut mener votre carrière.
Pouvez-vous nous révéler un fait amusant à votre sujet ?
En 2020, mon mari et moi avons acheté notre première maison, et le projet s’est transformé en quatre années de rénovations. Nous avons réalisé nous-mêmes la majeure partie des travaux, avec l’aide de notre famille.
Ce fut un processus intense et très exigeant en temps, mais aussi extrêmement gratifiant. Cela m’a rappelé à quel point j’aime retrousser mes manches, mettre la main à la pâte et créer quelque chose du début à la fin. C’est probablement aussi l’une des raisons pour lesquelles j’aime autant le capital de risque. J’ai l’occasion de travailler avec des fondateurs et des équipes qui bâtissent des entreprises à partir de zéro. Ce n’est pas toujours prestigieux, mais c’est extrêmement satisfaisant.

